Ventre gonflé, sinusite, rhinite, rétention d'eau, jambes lourdes, eczéma, urticaire, acné sur tout le visage dans sa forme rosacée, mauvaise circulation sanguine, baisse de l'acuité visuelle, de la concentration et de la mémoire, fatigue et douleurs musculaires, migraines, angines à répétition, syndrome prémenstruel et règles douloureuses...

Ceci n'est rien moins que la liste des symptômes que je traîne à intensité variable mais avec une grande régularité depuis la puberté. Avant cela je suis passée par une déficience des globules rouges nécessitant une hospitalisation à l'âge de deux ans, une anorexie durant les 12 années qui ont suivies, et des douleurs au ventre intermittentes, jusqu'à me plier en deux, en larmes durant la classe à l'école.

Jusqu'ici, jusqu'à la moitié de ma vie, tout ça me semblait normal, allant de soi, une fatalité que nous devions tous partager. N'ayant plus souvenir de la sensation du moindre bien être, je ne me savais pas en mauvaise santé. Et puis j'avais à l'esprit que "la vie ça fait mal", ce genre de conneries judéo-chrétiennes dans lesquelles on baigne en Occident, quelles que soient nos convictions philosophiques.

Mais à force de subir des douleurs et des allergies toujours plus fréquentes, voire s'installant de manière chronique, de me sentir vieille et fourbue à trente cinq ans, Hippocrate m'a mis la puce à l'oreille quand je lus un jour qu'il disait il y a déjà 2000 ans :

"Que ton aliment soit ton médicament."

Mes années de travail dans la restauration rapide où ma cantine quotidienne - cinq jours sur sept - était le fast food qui m'employait, ne pouvaient pas avoir été sans conséquence. Je me savais déjà implicitement dépendante au sucre. Et bien qu'après cette période je ne sois devenue qu'une cliente occasionnelle de ce genre d'établissements, ce que je mangeais m'ait apparu comme devant être nécessairement remis en cause.

Bien sûr ça ne s'est pas passé du jour au lendemain, il a fallu tester différents changements, se documenter longuement, recouper diverses informations et tenir un journal de bord pour cerner les problèmes, leur récurrence et leur lien avec les aliments ingérés.

La première évidence était d'abandonner le sucre raffiné pour du sucre complet que j'achetais en magasin Bio où désormais je cherchais ce qui allait remplacer ce que je ne mangeais plus.

C'est toujours comme ça au départ. On ne veut pas vraiment changer, on veut continuer à manger la même chose mais sans plus que ça fasse mal. C'est comme ça que les marchands qui fabriquent du ketchup et de la mayonnaise industriels arrivent à vendre du ketchup 0% et de la mayonnaise allégée industriels, mais aussi du soda à l'aspartame, des céréales qui font faire caca et des milkshakes qui font mincir. On croit avoir pris de bonnes résolutions et faire du bien à son corps ; on ne fait que potentiellement changer les conséquences dommageables pour la santé d'habitudes qui sont restaient les mêmes, parfois pour de plus graves encore si on prend le cas des édulcorants de synthèse.

Le sucre complet bio ne pouvait pas me faire plus de mal que le saccharose de l'agro-industrie, mais ça restait du sucre. Un produit complètement facultatif et un facteur inflammatoire notoire dans les services de cancérologie. Il est désormais connu pour être un des {aliments préférés des cellules cancéreuses}. Mais je ne le savais pas encore.

Je décidais également de ne plus *du tout* manger de viande. Je n'ai jamais beaucoup aimé ça, mais cette fois je m'engageais totalement, par conviction, refusant d'être complice des atrocités inhérentes à l'élevage intensif.

Depuis, {l'exploitation animale sous toutes ses formes} m'est devenu insupportable. J'assume que cela suppose le rejet des études scientifiques faites sur des animaux, même celle de Gilles-Eric Séralini qui démontre le danger que sont les OGM et que je cite en lien plus bas. C'est que de mon point de vue, le bon sens suffit à lui seul pour prendre conscience de la somme des aberrations désastreuses qu'est la culture des OGM.

Ensuite, au fil de mes observations et de {mes lectures}, le lait a été exclu, petit à petit, jusqu'à ne plus en manger sous aucune forme. L'espèce humaine est par ailleurs le seul animal sur la planète à boire le lait d'autres animaux.

C'est encore difficile de me priver de fromage car j'adore ça. Par contre, étonnamment les yaourts, la crème fraîche, les fromages blancs, les glaces ne me manquent pas du tout. Je suis même écœurée par le beurre alors que j'en ra-ffo-lais, surtout le demi-sel. Auparavant, il m'était inconcevable de manger des radis ou un œuf à la coque sans du pain tartiné de beurre salé.

Aujourd'hui je me régale de lait de riz ou de noisettes, de crème de coco, de pâtes de sésame, d'amande ou de caroube. Et j'ai même trouvé meilleur que le beurre salé : un filet d'huile d'olives saupoudré de {Gomasio}... Très facile à trouver en magasin bio. Un délice.

Cependant, après deux ans de ces changements, les douleurs au ventre ne disparaissaient pas du tout, celles du dos pas complètement, les boutons sur le visage étant moins nombreux mais toujours là, et surtout, les plaques apparues deux ans plus tôt sur un doigt de ma main droite s'étendaient aux autres doigts. Tout ceci démontrait que mes efforts n'avaient pas été inutiles, mais je n'avais pas trouvé la racine du problème.

Lorsqu'il y a un an, je passais cinq mois en utilisant seulement ma main gauche, l'autre étant bardée de cloques turgescentes qui démangeaient à tourner fou, un choix radical s'imposa.

[Edit Mars 2014] - On appelle ces plaques de la {dermatite herpétiforme}. Et de cette dernière on n'en sait un peu plus aujourd'hui. Avant cela il était question de dyshidrose avec des liens causaux plus ou moins établis. Il a fallu chercher l'info ailleurs, longtemps, surtout sur des sites canadiens. Et actuellement encore je me documente, mettant à jour au fur et à mesure cet article.

Le gluten était donc le problème.

Le gluten est contenu dans le blé, l'orge et le seigle. Également dans l'épeautre et l'avoine, mais il semblerait que ce n'est pas exactement le même type de gluten. Selon le degré d'intolérance, on peut manger de ces deux derniers. Ou pas.

Cette substance donne son élasticité à la pâte. Avec l'ère industrielle et à partir des années 40, sont arrivées dans l'atelier du boulanger des machines à pétrir qui ont imposé la sélection d'une farine plus riche en gluten pour résister à la manipulation mécanique. Dans la nature, il existait une grande variété de blés, mais seul le plus riche en gluten a été sélectionné et manipulé pour obtenir un blé à taux de gluten constant et ainsi faciliter la calibration des machines.

Étant donné le nombre de manipulations qui sont intervenues pour sa sélection et l'écart entre ce qu'était le blé sauvage et ce qu'est le blé d'aujourd'hui, on peut se permettre d'assimiler ce dernier à un type d'OGM. Et depuis 2012, on connaît précisément {les effets qu'ont ces derniers sur la santé}.

En un siècle, le taux de gluten dans le blé a ainsi pratiquement doublé, passant de 7 à 12%. Pour faciliter le pétrissage en machine mais aussi le travail des moissonneuses, puis pour augmenter le rendement à l'hectare et enfin obtenir une mie plus serrée, les ingénieurs agroalimentaires n'ont cessé de modifier cette céréale pour finir par fabriquer une variété de blé nain, de 2/3 plus court que les blés d'origine, tuant ainsi la biodiversité et ses qualités pour des besoins de standardisation.

Depuis nous mangeons un blé muté auquel notre système digestif n'est pas du tout adapté. En effet, la consistance collante du gluten va tapisser la paroi interne des intestins et provoquer une inflammation des villosités, ces tout petits plis incurvés où les nutriments sont assimilés. Le gluten va par cette inflammation déséquilibrer la flore, favoriser un milieu pour les mauvaises bactéries, compromettre une bonne digestion et peut aussi stimuler dans le mauvais sens le système immunitaire qui va s'attaquer à l'intestin. C'est ce qu'on appelle une maladie auto-immune.

Nous n'avons pas toujours mangé autant de pain, encore moins autant de gâteaux, de crêpes, de cakes et autres plats de pâtes et tartes en tous genres. Aujourd'hui, le caddy d'un consommateur se rempli en moyenne de 58 kilos de pain par an. Personne ne peut envisager de passer un mois sans pain, sans viennoiserie, sans pizza ou penne rigatoni. Or cette façon de s'alimenter date seulement de quelques décennies et a conduit à la disparition de produits de la terre dont on imagine difficilement l'ampleur de la diversité tant nous baignons dans une illusion de choix offerts par les supermarchés.

Même la tomate cœur de bœuf a été trafiquée ; un pur produit marketing.

Prenez la mesure de ce qu'est la vraie diversité en faisant un sot dans {le rayon graines de tomates Kokopelli}. N'y allez pas sans prendre une grande inspiration, et contenez votre curiosité pour celui des carottes et des salades, vous pourriez ressentir des vertiges.

Le souci c'est que le gluten n'est pas seulement dans les produits à base de farine. On en trouve aussi sous la forme de maltose, de dextrose ou de glucose dans du jambon, du poivre moulu ou de la sauce de soja. Le fromage à moisissures bleues peut également en contenir quand cette dernière est cultivée sur de la mie de pain. Ce qui n'est évidemment jamais spécifié sur les étiquettes.

De plus ce blé muté est majoritairement raffiné, ce qui le rend pauvre sur le plan nutritif et lui procure un indice glycémique élevé, facteur de prise de poids et de perturbations de la gestion de la glycémie.

Un autre aspect du gluten qui rajoute à sa toxicité est qu'il est composé de molécules de la famille des opioïdes, la même famille que la morphine, qui affectent le cerveau. Ce qui a notamment amené les établissements scolaires au Canada à faire des dépistages d'intolérance au gluten dans les cas d'hyperactivité ou de difficultés cognitives. On sait notamment qu'un régime exempt de gluten, de caséine et de phosphates apporte {des améliorations chez les enfants atteints du syndrome d'Asperger, de schizophrénie ou simplement d'hyperactivité}.

Enfin dans le monde du sport, il est notoire que le gluten est un problème. En effet pendant l'effort, à l'instar des alvéoles pulmonaires et des vaisseaux sanguins, les parois de l'intestin se dilatent. De nombreux athlètes sont de plus en plus anti-gluten, surtout quand ce régime les place du troisième au premier rang mondial, comme Novak Đoković, champion du monde de tennis en 2011.

Pour toutes ces raisons, il n'est pas farfelu de repenser deux minutes à une autre façon de s'alimenter. Pas de remplacer, mais d'aller vers une alternative alimentaire du moindre mal. Le bon sens impose déjà de manger Bio pour s'éviter d'ingérer des pesticides, des OGM et des antibiotiques, des conservateurs, des colorants, des parfums et des exhausteurs de goûts chimiques. Je dois certainement en oublier.

Mais ça ne suffit pas.

Notre premier acte de vie est de respirer, puis de manger.

Prendre conscience que tout ce qui entre dans notre corps - par voie respiratoire, digestive et même cutanée - va être transformé, assimilé, stocké, rejeté et partout laisser des traces bénéfiques ou toxiques. Que ce l'on trouve dans les supermarchés ne l'est uniquement que pour des raisons de profits. Et ces derniers - il me semble que l'état de la planète l'illustre assez bien - sont incompatibles avec notre bien-être.

Dés lors qu'on élimine de son régime alimentaire le gluten et le lait, on découvre d'ailleurs avec effroi qu'il n'y a là dedans plus rien d'autre à acheter, ou presque. Les lobbys et le marketing nous martèlent la cervelle d'un prétendu progrès et d'une multitude de produits qui nous serait généreusement proposé, quand en réalité tout tourne autour de seulement quatre aliments :

  • la viande
  • le blé
  • le lait
  • le sucre

Cela fait maintenant dix huit mois que je ne mange plus de viande, de gluten, de sucre, ni de lactose (le sucre du lait). Il a fallu apprendre à cuisiner autrement et goûter à des tas de trucs nouveaux. En fait, depuis que j'ai banni tout ça de ma cuisine, je n'ai jamais été aussi gourmande, je n'ai jamais mangé aussi varié, et il n'y a jamais eu autant de produits de base, d'épices, d'herbes, de farines, de légumes, de fruits, d'huiles, de graines, de crèmes, de laits et de condiments dans mes placards.

Je vous invite à essayer le Tamari, la moutarde aux pointes d'orties, le Tahin, les graines de chia, la farine de châtaigne, les tartinettes de quinoa, l'huile de coco, le Miso, la crème Kokkoh ou celle de millet... Dernièrement j'ai découvert le panais. Je recommande. Ça ne ressemble à rien de commun et pourtant c'est aussi bon que la patate, le navet et le céleri réunis.

Et puis ça va mieux !

Plus du tout de boutons après 5-6 ans d'un visage constamment criblé par une acné rosacée diagnostiquée chronique par un professeur en dermatologie (s'il vous plaît) ; c'est à dire incurable. Un transit de bébé, plus de douleurs au ventre, même pendant mes règles. Des règles de 2 jours 1/2, sans prendre de contraceptif, et sans plus d'odeurs désagréables grâce aux {serviettes lavables en coton Bio}. Un regain d'énergie, plus d'idées noires, plus du tout d'eczéma nulle part.

Soyez curieux et exigeant pour ce qui se retrouve dans votre corps. Parce qu'aujourd'hui, vous sentez-vous vraiment en pleine santé ?